Le village

 Origine du village

Le village s'est installé le long de l'ancienne voie reliant Verdun à Beaune en passant par Géanges; les hameaux sont situés sur une autre voie longeant la Dheune qui constituait une voie de communication importante depuis l’époque romaine.

A cette même époque, le hameau de Cercy s'était déjà érigé autour d’un poste d’observation (la motte de Cercy) dominant les trois voies anciennes que sont : le chemin parallèle à la Dheune, le prolongement de la Voie de Chalon, la route de Verdun à Beaune. Elle permettait d’exercer le contrôle du Gué de la Chapelle, qui menait à une autre motte au Bois des Haies à Géanges. Le nom du lieu-dit «  Les Grandes Routières » témoigne de cet ancien nœud de communication.

 

    Vue de la route, la Motte de Cercy est plus visible par temps de neige

La création du village semble remonter aux IXème Xème siècle. II serait donc vraisemblable, qu'un seigneur désireux d'attirer les colons dans une nouvelle zone à défricher, ait fait transférer les reliques du saint. A cette époque, les reliques de saint constituaient un attrait puissant.

D'autre part, la toponymie nous renseigne sur les zones habitées ; l’étang de Jonvelle : domaine de Juni, et tout proche, le lieu-dit le Châtelet, témoignent d’une occupation organisée.

On a vu que la paroisse s'est formée autour de l'église du IXème siècle. Dans le cartulaire de Saint Marcel, la première mention date du XIème siècle, DE SANCTO GERVASIO, pour Saint Gervais qui n'est pas encore «  en Vallière », villa de Sancto Gervasio en 1192, Sanctus Gervasius de Lochères en 1275, Saint Gervais en Vallyere en 1590, Cercy la Dheune en l793, Saint Gervais en l’an X, le village prend définitivement son nom de Saint-Gervais-en-Vallière en 1846.

Devenue commune en 1790, Saint-Gervais a d’abord fait partie du canton de Saint-Loup-de-la-Salle puis du canton de Verdun-sur-le-Doubs en 1802.

 

Les différents hameaux

 

Dans les Registres de déclarations des biens et dettes des communautés, réalisés entre 1666 et 1669, le village est décrit comme suit : Saint Gervais est une paroisse de laquelle dépendent huit petits villages qui sont ledit St Gervais, Champseuil, Lochères, Cercy, Grandbois, Chauxblanc, Neufvelle en partie, Hauterives.   Cette singulière organisation géographique existe toujours, certains   hameaux étant même plus importants que le bourg proprement dit.

        Un peu de toponymie nous aidera à imaginer la configuration des lieux.

-       Chaublanc : hauteur dénudée, rebord de vallée ; chaux : du gaulois calma = terrain ouvert, lieu improductif,  séchard ; Chamblenx en 1205, Cheimblens en 1235, Chanblanx en 1275, Chamblanc en 1449, Chaublanc en 1757.

 -      Cercy : Cerciacum domaine de Cercius ; ou Scissus : divisé, séparé (par la Dheune).

Serci  en 1282, Sarci en 1298, Circezen 1381, Sarcy sur Dune en 1473, Sercy emprès la Saule en 1503, Cerecey en 1557, Cersy en 1760, Cercy en I783.

 -      Champseuil: clairière de défrichement;

Chanssuis en 1190, Chansus en 1235, Chansois en 1275, Champsus en 1310, Campussuper en 1347,champsu en 1394 et 1449, Champseul en 1666, Champesu en 1757, Champseuil en 1760. Quant au « Reuil de Champseuil », on trouve la forme « Estange de Chanssie en 1503.

 -       Lochères, Lauchères : terre aux laîches (plantes dont les feuilles servent à pailler les chaises) ; Laulchères en 1235, Lachieres  et  Lescheres en 1275,  Lauchières en 1503, Lauchère en 1844 et 1951, Lochères en 1948

 -       Sondebois : som de bois, somfiret, extrémité ; fait suite au défrichement de la forêt de la Vallière.

Soulebos en 1275, plus parlant, bos = bosc = bois, Sobz les Bois en 1275, Soulebois en 1314, , Sondebois en 1663, Grandbois en 1666, Sonde-Bois en 1783 et Sondeboïs en 1846.La mémoire collective divise même le hameau en deux avec Sondebois le Grand (le long de la route menant à Saint Loup), et Sondebois le Petit (la bifurcation de la rue de la Galopère).

 -       Hauterive : rive haute, escarpée ; Altelive en 1265, Villa de Alta Ripa en 1275. Aute Rive en 1394, Hauterive sur Dheune en 1679, Autherive en 1693, Chanterenne en 1724, Hauterive alias Chantereyne en 1760, Hauterive en 1783.

 -       Neuvelle: nouveau domaine, nouvelle ferme. Villa Nova en 1271, Nova Villa en 1323, Neuvelle en 1366, Neufvelle en 1663, Neuvelle en 1763 sur la carte de Cassini. Les deux premières constructions (adjectif + substantif : haute-rive, neuve-velle) témoignent d'une région fortement germanisée.

 -       Vallière : vallis + aria (plusieurs) ensemble de vallées

 

Saint Gervais en Vallière au fil du temps

 

Le document de 1666 cité ci-dessus nous indique le nombre d'habitants des hameaux et leur condition :

A Saint Gervais la communauté est composée de six habitants parmi lesquels il n'y a que deux laboureurs, le surplus s'occupe aux balais qu'ils portent à vendre à Dijon ou à Beaune.

A Champseuil il n'y a que huit habitants qui sont tous pauvres ;

Lochères n'a que sept habitants et une femme veuve ;

A Cercy il y a vingt-deux habitants et trois femmes veuves, tous forts pauvres ;

A Sondebois ils sont treize habitants parmi lesquels deux veuves. Ils sont tous pauvres' »

(A noter qu'il faut traduire « habitants » par « feux » dans l'acception de « foyers ». Dans ce cas' on  compte en moyenne cinq personnes par feu')

        Et en 1763 :

A  Champseuil : on n'y compte que 8 feux. Cette communauté est située en pays de grains et de pâturages.

        A   Cercy : 18 feux; pays de bois et de pâturages

COURTEPEE nous donne ces indications, dans son ouvrage paru en 1774 :  « Saint Gervais en Vallière: 115 feux(30 en 1490); 500 communiants. Dépendances: Cersy, où le seigneur a un joli château ; l'abbesse de Molaize a le quart de cette seigneurie, Chaublan à l'évêque de Chalon, ainsi que Fondebois (sic) et Hauterive, dont partie fut donnée à Maizières par Hugues Néelle en 1188. Champseuil el Lochères au collège de Dijon; chapelle oratoire ; ancienne motte forte entourée de fossés. Belle prairie appelée Prêle ; partie de Neuvelle.        

Ce document est tiré du livre « MEMOIRE D’UN VILLAGE SAINT GERVAIS EN VALLIERE » de 
l’association  « BIEN VIVRE AU CŒUR DES TROIS  RIVIERES». Remerciements à Mme Isabelle
BRUSSIER-GAILLARD  pour  nous  avoir donné  l’autorisation  d’utiliser  ce  support
pour  garnir  la  partie Historique du site internet du village.